Route des Grandes Alpes III
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De Briançon à la Vallée de l’Ubaye

Nous sommes à la troisième étape de la Route des Grandes Alpes, un itinéraire touristique qui suit les cols et les vallées mythiques des Alpes françaises, du lac Léman à la mer Méditerranée. Dans cette section, nous voyageons de Briançon à la Vallée de l’Ubaye.

A 340 km de notre point de départ, nous sommes à mi-parcours de notre itinéraire marathon de 684 km, ce qui se traduit par une transition progressive vers l’influence climatique de la Méditerranée.

En quittant la deuxième ville la plus haute d’Europe, il est tentant de penser qu’après avoir parcouru cette distance, le meilleur paysage est derrière nous. La preuve en est que ce n’est pas le cas lorsque nous passons devant de minuscules hameaux situés dans un paysage de montagne classique dans la vallée de Cerveyrette. Un peu plus loin dans la vallée, nous passons Cervières, un centre protégé pour la pratique paisible du ski de fond (ski-de-fond) sur les pistes qui bordent la frontière italienne et qui, en d’autres saisons, se transforment en sentiers.

Nous nous dirigeons maintenant vers le col d’Izoard (2360 m), par une route tortueuse qui grimpe à travers des forêts denses de conifères géants et multicolores, sous un vaste ciel bleu acier.

Pour nous, c’est une vision saisissante d’or et de jaune flamboyants, où des flancs de montagne entiers de forêts de mélèzes s’épanouissent sous le soleil de la fin de l’automne.

Un paysage pour les héros

Au-delà du col, une autre vallée cachée se déploie contre les vastes montagnes du Parc Naturel Régional du Queyras. Compte tenu des pentes impitoyables (et du fait que la route n’a été revêtue qu’en 1963), il est difficile de ne pas être impressionné par l’héroïsme de ceux qui se sont attaqués à cette étape éprouvante du Tour de France. Au bord de la route se trouvent des mémoriaux en l’honneur de Fausto Coppi et de Louison Bobet, et le Réfuge Napoléon, situé à proximité, abrite un petit musée du cyclisme.

Une nouvelle série d’épingles à cheveux traverse un paysage d’une beauté sauvage, fait de calcaire érodé, de gypse et de roches dolomitiques, connu sous le nom de « Casse Déserte ». Plus bas, nous passons la route de Saint-Véran, à 2050 m d’altitude, la commune la plus haute d’Europe.

Nous passons ensuite devant Château Queyras, dont la forteresse médiévale a été conçue en réponse aux incursions répétées de bandes de pillards venus de Provence. La silhouette impressionnante que l’on peut voir aujourd’hui sur le bord de la route date cependant de bien plus tard, reflétant la campagne massive de travaux menée par l’ingénieur militaire Vauban au cours du XVIIe siècle pour renforcer la ligne de défense située le long de la frontière vulnérable avec l’Italie.

À travers les tunnels et les gorges

À partir de là, les choses se rapprochent pour le parcours en corniche à travers la Combe du Queyras et les Gorges du Guil, où un petit arrêt permet de faire une pause et de regarder en arrière pour voir la route étroite qui serpente à travers des tunnels sombres et contourne des affleurements rocheux le long des parois d’un profond canyon. Les tunnels ont été percés en 1949, ouvrant ce qui était autrefois un simple sentier muletier, des tronçons importants ayant été construits en porte-à-faux par rapport aux parois rocheuses abruptes, sur des arches de pierre massives. Ici et là, les coffrages en bois d’origine des ingénieurs sont encore visibles.

Au-delà de Guillestre, longtemps célèbre pour sa Foire des Bergers en octobre, commence une autre ascension, qui passe cette fois par les stations de ski des Alpes du Sud de Risoul et de Vars, dont le domaine relié est connu sous le nom de Forêt Blanche.

Pour nous, en revanche, c’est une vision saisissante d’or et de jaune flamboyants, alors que des flancs entiers de forêts de mélèzes s’épanouissent sous le soleil de la fin de l’automne. L’effet, qui se reflète dans les eaux scintillantes d’un petit lac au bord de la route, donne l’impression d’avoir été soudainement transporté dans les Rocheuses canadiennes. Non loin de là se trouve un autre Réfuge Napoléon.

Sur le « nouveau » Col…

L’ascension du col de Vars (2109 m) est relativement douce, contrairement à celle de son prédécesseur plus sauvage, le col du Parpaillon, et est suivie d’une descente en épingle à cheveux exaltante le long du fort connu sous le nom de Redoute de Berwick et du village de carte postale de Saint-Paul-sur-Ubaye. Le thème militaire se poursuit sous le regard détaché du vaste Fort de Tournoux, construit entre 1843 et 1890 au-dessus de l’endroit où la vallée de l’Ubaye est rejointe par celle de l’Ubayette.

En passant devant l’élégante architecture de Jausiers, nous atteignons Barcelonnette, une ville remarquable dont l’histoire unique est racontée dans le Musée de la Vallée, situé dans la Villa la Sapinière.

La station de ski de Pra-Loup surplombe la vallée, tandis que la Route se poursuit dans les Gorges du Bachelard. C’est un endroit très étroit, et ce fut une étape clé dans la création de la Route lorsqu’elle a été ouverte (sans revêtement) aux automobilistes en 1913. Le paysage s’adoucit enfin et la vallée commence à s’élargir près de Fours-Saint-Laurent, avant l’ascension du col de la Cayolle (2327 m). C’est près de cet endroit qu’en 1953, un avion de ligne Lockheed Constellation d’Air France reliant Paris Orly à Saigon s’est écrasé sur le Mont Cemet, à 2800 m d’altitude, alors qu’il descendait vers Nice. Tous les passagers ont péri, y compris le compositeur René Herbin et le violoniste Jacques Thibaud (dont le violon Stradivarius de 1720 a également été détruit).

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